La Beauté sauvera le monde

« La beauté sauvera le monde » … Pourquoi cette petite phrase est si connue, alors que peu ont lu le roman « L’idiot » de Dostoïevski dans lequel le personnage principal, le prince Mychkine, prononce cette fameuse formule ?

Cette sentence résonne juste en chacun de nous ; et intimement, nous savons par expérience que ce qui est Beau nous unifie, nous pacifie, nous sauve d’un monde souvent trop violent. « C’est en ce sens que l’on a dit avec une intuition profonde que «la beauté sauvera le monde » (St J-Paul II)

C’est pour revivre cette expérience salvatrice que Catherine Renard, le Père Dominique Trillat et Magali Menut ont choisi ce thème pour la journée annuelle EARS (Éducation Affective, Relationnelle et Sexuelle), qui a pour vocation de réunir les Animateurs en Pastorale, les infirmiers, les éducateurs de nos établissements du Var et les Éducateurs à la Vie.

Aimée Brassens était notre invitée, le 4 octobre dernier à la DDEC, pour nous initier à la contemplation par l’icône. Iconographe et thérapeute, Aimée « écrit » des icônes depuis ses 15 ans, soit plus de 50 ans, à l’école de cet art religieux byzantin qui parle à tous nos sens et peut guérir les blessures de l’âme. 

Venue avec 8 d’entre elles dans un écrin de lumière, Aimée nous a initiés à l’histoire de l’icône : la 1ère aurait été écrite par St Jean dans la prière, alors que la Vierge Marie habitait chez lui. Il s’agit de l’icône de Vladimir.

Elle nous a ensuite initiés aux 7 étapes de l’écriture, comme les 7 jours de la Création, car l’icône répond à des règles très précises et rigoureuses : un bois de fruitier portant graines, creusé à la main (règne végétal), recouvert d’une colle de peau de lapin (règne animal), mélangé à de la craie (règne minéral). L’épaisseur de 7 couches permettra de graver l’icône dans laquelle coulera eau et pigments pour donner vie aux personnages et décors.  Ainsi, l’icône au départ si sombre nait tout doucement à la lumière.

Cette fenêtre sur le Divin porte en elle les trois dimensions de nos êtres, créés à la ressemblance de Dieu : la matière (notre corps), la psychologie et le spirituel. Après plusieurs mois d’écriture, le prêtre ou l’évêque célèbre une messe sur l’icône ou prononce une bénédiction spéciale. Ainsi Dieu, par cette icône sainte – qui n’est jamais signée car l’iconographe s’efface devant l’œuvre de Dieu – vient visiter nos trois dimensions, et par sa présence, peut guérir ce qui est blessé en nous. C’est pourquoi l’icône, médiatrice de grâces, est vénérée au même titre qu’une relique.

Tous, nous avons été invités à faire l’expérience de nous laisser visiter, en nous présentant devant chaque icône. La suite appartient à chacun…

Notre évêque en visite nous a partagé son attachement aux arts : il écrit des poèmes, des pièces de théâtre, aime les danses priantes des juifs, pousse volontiers la chansonnette en adaptant les paroles pour toucher le cœur de ses hôtes, son bureau ressemble à une galerie d’exposition de ses amis peintres, sculpteurs. Monseigneur Rey nous a invités à nous laisser toucher par Dieu en nous laissant toucher par la Beauté.

Ce lundi 4 octobre, fête de St François d’Assise, « notre sœur Eau, qui est très utile et très humble1 » s’invita en abondance, et nous a contraint d’arrêter notre journée à midi.

Un immense merci à vous, les animateurs en Pastorale, les infirmiers, les éducateurs de notre Enseignement catholique et les Éducateurs à la Vie si dévoués, qui révélez chaque jour avec fidélité aux jeunes, que la Beauté habite déjà en eux.

Magali Menut

Coordinatrice EARS

1 Le cantique de Frère Soleil par saint François d’Assise.

NDLR : toutes les photos de cet article sont des icônes « écrites » par Aimée Brassens.