Plus qu’une maison sûre, un refuge

« Les enfants, c’est le bonheur du foyer, la joie de la maison » déclarait Jules Renard, et j’ajouterai (que Jules me pardonne) qu’ils sont la raison d’être de l’Enseignement catholique. C’est pour eux que nos écoles existent mais c’est aussi par eux. Souvenons-nous durant le 1er confinement, la tristesse de nos cours de récréation… leurs cris et leurs rires, parfois redoutés, nous ont alors tant manqué.

Mais l’enfance pour certains est un drame au quotidien. Un rapport glaçant de l’Inspection générale des affaires sociales démontre qu’en France un enfant meurt tous les 5 jours à la suite de violences qui parfois ont duré des années. Enfance volée, enfance violée, enfance crucifiée.  

Les affaires récentes de pédocriminalité dans les mondes politique et journalistique, sportif, artistique et autres témoignent d’un système d’omerta. 

Face à ce drame glaçant et révoltant, que peut, que doit faire l’Enseignement catholique pour répondre à sa mission de protection des plus vulnérables ?

Un Programme de Protection des Publics Fragiles est né de cette révolte des cœurs et des consciences pour que notre école offre un refuge à ceux qui sont blessés dans leur intégrité physique, psychique, affective et spirituelle. Former tous les adultes de nos établissements à cette terrible réalité de l’enfance maltraitée, voilà l’ambition de ce programme national qui se décline en sessions de formation de 1 jour et demi. 3 sessions organisées cette année par la Direction diocésaine de l’Enseignement catholique, rue Chalucet à Toulon, permettront aux participants d’être les ambassadeurs de ce programme dans leurs établissements.

Responsable de ce programme au niveau diocésain, Catherine Renard, psychologue de l’éducation porte ce souci de l’enfance en danger : elle nous éveille aux signaux d’alerte, nous apprend à repérer les situations à risque, à apprivoiser les procédures en cas de danger, à comprendre les conséquences des traumatismes, à nous familiariser avec ce programme et à accepter nos propres fragilités, nos limites.

A chaque session, nous accueillons un « témoin » : le 6 janvier, le Major Yannick Maciejewski, responsable de la Brigade des mineurs à Toulon (photo), a témoigné de la complexité et la dureté des enquêtes à mener mais aussi de notre place essentielle de veilleurs et de protecteurs. Le 16 février, Valérie Fontaine, responsable de la CRIP (Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes) viendra avec son équipe nous expliquer le rôle et l’action de son service. Enfin le 31 mars, Thibault Appert, substitut du Procureur au Parquet des mineurs, nous enrichira de son expérience et nous éclairera sur les lois concernant la protection de l’enfance.

Programme ambitieux certes. La question n’est pas de savoir s’il est totalement réalisable, mais si la souffrance du plus petit ne nous oblige pas à agir.

N’oublions pas : « En vérité́ je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40)

Alors, ne soyons pas complices par ignorance ou silence, formons-nous !

Magali Menut, coordinatrice Éducation Affective, Relationnelle et Sexuelle.